vendredi 22 janvier 2010

Se compliquer « volontairement » la vie

Dès que je mets les pieds dans un endroit, je deviens obnubilée. Mon pouls s’accélère, mon regard s’acère. La raison me quitte à mesure que s’accroît l’excitation. Au tournant de chaque rayon, la folie s’insère sournoisement dans mon corps. Je deviens rapace, mais aussi possédée. Ou plutôt dépossédée de mes moyens. Je n’arrive plus à me battre. Je me demande même si j’ai envie de me battre.

J’éprouve une réelle satisfaction lorsque je fais du troc (échange d’un objet contre un autre. Dans mon cas, je prends un article en échange de ma carte de crédit ou de mes billets de banque). Consommer me fait du bien. Physiquement et psychologiquement. Je suis possiblement atteinte de certains symptômes du syndrome « shopaholic ». À la différence près que j’apprécie toujours les articles que je déniche.

Je suis à l’affût des mots « liquidation », « prix coupé » ou encore des affiches annonçant un spécial à tout casser. Je cherche l’ultime article à acheter. Celui dont j’ignore jusqu’alors l’existence, mais dont je suis convaincue que j’ai un urgent besoin.

Est-ce que je laisse libre court à mes pulsions? La plupart du temps, non. Et de moins en moins souvent.
Est-ce que je suis toujours à risque? Oui.
Est-ce que je fais tout ce que je peux pour éviter de craquer? Définitivement, oui.

Avec le temps, j’arrive très bien à ignorer mes prétendus « besoins ». Ceux de mon duo maléfique aussi, d’ailleurs. J’ai développé certains talents; celui de faire semblant de n’avoir rien entendu, ou d’ « oublier », ou encore de prétexter un mal de ventre atroce. Je sais, c’est cruel…

Distinguer les besoins des désirs

Il y a quelques temps de ça, Sophie et Laura m’ont informé qu’elles avaient besoin d’une pochette accordéon pour leurs travaux pratiques. Pour l’école. Les enseignants insistent et réclament cet article. Depuis octobre. Arrrgg… J’ai pratiqué toutes mes astuces et m’en suis bien sortie jusqu’à hier.

Jusqu’à ce que je n’aie plus le choix.

Jusqu’à ce que Laura inscrive cet article dans sa liste de cadeaux d’anniversaire…

Remords. Beaucoup de remords. Remplie de remords suis-je devenue, je ne pouvais plus reculer, ni faire fi des réels besoins. Je devais donc me prendre en main et me rendre chez Bureau en gros.

Dès que j’ai mis les pieds dans le magasin, hier soir, tous mes sens se sont mis à clignoter. Merde! C’est juste une papeterie, ce n’est pas comme si c’était une boutique fashion. Je ne peux me tromper, j’ai les symptômes. À un degré moindre qu’avant, mais ils sont quand même là.

Comme je suis extrêmement réaliste, je me doutais que cela aurait pu se produire. C’est d’autant plus nécessaire que je suis en désintoxication des mauvais comportements en matière de consommation. Je ne suis pas entièrement guérie, mais en bonne voie.

Sortir l’artillerie lourde!

Non, je n’ai pas d’instruments magiques. Seulement ma volonté et quelques trucs pour éviter les achats inutiles. Le grand secret : il faut volontairement se compliquer la vie.

• Magasinez en ligne les items désirés avant de vous déplacer, cela vous donnera une idée du prix.
• N’apportez qu’une quantité limitée d’argent comptant. Suffisamment et seulement pour l’achat prévu.
• Laisser le sac à main à la maison ou dans le coffre arrière de la voiture, incluant carte de crédit et carte de débit.
• Amener le conjoint avec vous en lui octroyant la fonction de « gardien des ressources ».
• Écoutez votre conjoint lorsqu’il vous demandera ceci:

« En as-tu besoin ? »
« En as-tu vraiment besoin ? »
« Peux-tu t’en passer ? »


• Si vous n’avez pas de conjoint, posez-vous quand même ces questions.
• Soyez très fier à chaque fois que vous avez vaincu le démon.
• Si le problème ne se résout pas avec ces efforts, alors il restera la thérapie.

Pour ma part, j’ai passé le test. J’ai magasiné les prix, j’ai apporté une quantité d’argent précise et j’ai laissé ma sacoche dans la voiture. Fiou!

Charlotte

5 commentaires:

  1. Je me contrôle assez bien quand je vais au magasin et parfois il faut que je me dise: En ai-je vraiment besoin, est-ce essentielle?! Bien souvent la réponse est non. On à pas le choix de se demander ça, sinon on en aurais-tu des choses qui ne servent à rien.

    L'année dernière j'avais acheté une sorbetière car beaucoup de gens du forum en avait une et ça semblait super. De retour chez-nous je l'ai sorti de la boîte et me suis dit: En avais-je vraiment de besoin...Non, alors hop dans la boîte et retour au magasin. Je me sentais bien mieux.

    J'aime venir lire tes articles, c'est super intéressant et ça rejoint bien des gens aussi.

    Tourlou

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  2. Salut Isabelle,

    tu m'as fait rire, car je me suis rappellé que j'ai acheté ma mijoteuse à cause des conversations sur le forum. ça je l'ai gardé et ne pourrais plus m'en passer.

    L'autre chose, j'ai récupéré deux yaourtières car tout le monde en parlait sur le forum. Bon, vrai que je n'ai pas eu à payer, mais quand même. Il y a une certaine influence, en fait qui est très forte quand j'y pense.

    On n'est pas à l'abri de ça. Mais enfin, tu as bien fait de retourner cet article au magasin, même après coup!

    Bonne journée Isabelle,

    En passant, est-ce que je t'ai dis qu'on avait adoré les coquilles farcies?? Elles étaient sublimes!

    Charlotte

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  3. Bien contente que vous ayez aimé la recette de coquilles.

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  4. C'est la partie difficile...

    Résister...

    Presqu'un besoin à assouvir un moment donné!

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  5. Salut Manon,

    c'est vrai que c'est difficile de résister. Car il y a vraiment un bien-être qui s'en dégage. C'est pour ça qu'il faut se compliquer un peu la vie... ça marche pour moi, car je suis paresseuse. Si j'ai laissé ma sacoche dans la voiture, garantie que je n'irai pas la chercher pour retourner dans le magasin!

    ;-)

    Charlotte

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